dimanche 17 avril 2016

Les grandes plantations

De ce que j'ai compris, le Sud-Est américain s'est développé surtout au plan agricole, au XVIII ème et au XIXème siècles, en particulier grâce à cette idée tellement pratique, l'esclavage...
En effet, au départ, les gens qui arrivaient dans le coin louaient leurs services aux propriétaires des plantations pour quelques années, pour payer leur traversée ou pour gagner leur vie. C'était déjà peu enviable, le travail était difficile, les conditions de vie très moyennes, et le nombre d'années à travailler pouvait se rallonger facilement en fonction des sanctions pour mauvais comportement. Mais une loi imposait ensuite d'indemniser financièrement ces travailleurs à la fin de leur contrat. Pas rentable pour les propriétaires. 
Heureusement, quelqu'un a eu une "meilleure idée" : investir en achetant des gens une bonne fois pour toute !
Quelque part, on pourrait dire que l'esclavage a permis la grandeur puis a entrainé la chute des grandes plantations, et du Sud-est en général, puisque c'est l'esclavage qui a permis le développement agricole du Sud-Est, mais c'est aussi lui qui a entraîné la guerre de Sécession, dans les années 1860. (il y avait sûrement d'autres raisons en jeu, mais je ne suis pas historienne...)(et d'ailleurs, le cours d'histoire de Ewen, en CM1, nous raconte que les américains du nord des Etats-Unis ont lu "La case de l'oncle Tom", se sont rendu compte du sort terrible des esclaves dans le sud des Etats-Unis (c'était le but du livre), et ont décidé d'agir...)

Bref, nos braves propriétaires terriens, en bons nouveaux riches qu'ils étaient, se sont fait construire de très belles maisons, un peu tape-à-l'oeil néanmoins... L'idée était en effet d'étaler son argent et d'impressionner les voisins. 

Le Greek Revival était le style le plus fréquent, mais on trouve aussi des maisons style créole (on reparlera des créoles plus tard) et d'autres styles plus exotiques. 


Très classique, la plantation Melrose, à Natchez :


Style grecque américanisé. On note les grandes terrasses. Le climat est semi-tropical, et on vit beaucoup dehors. Petit détail sympa, la cuisine était toujours dehors, près des logements des esclaves de maison, pour limiter les risques d'incendie dans la maison des maîtres... Ces logements d'esclaves étaient en général des petites maisons en dur derrière la grande maison, mais aussi parfois des cabanes en bois. Et, visiblement, mieux valait être esclave de maison, qu'esclave dans les champs. 

A l'intérieur :



















Le "papote-à-deux" (ou le "chacun-chez-soi", idéal pour la période des fiançailles...  :o)




Option 1 : jeu de cartes
Option 2 : on enlève la petite table et on pose ses pieds sur le pouf.
Les 2 fauteuils tournent à 360°
IKEA peut aller se rhabiller, question inventivité !








Qui saura deviner de quoi il s'agit ?


















Toujours à Natchez, dans un style plus exotique, Longwood plantation. Mr Longwood était plein aux as, il achète une propriété à Natchez et dit à sa femme : "Ma chérie, nous sommes riches, ouvre ce catalogue d'architecture et choisit la maison de tes rêves !" Mme Longwood ne se fait pas prier et choisit une maison de style byzantin, proposée par un architecte de Philadelphie (loin au nord). Un travail de titan, une somme colossale, pour un caprice qui ne sera jamais terminé... Seul le premier étage a pu être fini avant que Mr Longwood ne décède, et que la situation financière de la famille ne périclite. Le fait que la maison ne soit pas terminée lui a value d'être épargnée par l'occupation des soldats nordistes pendant la guerre de Sécession. Le premier étage a été occupé pendant des années par Mme Longwood et ses enfants, et est toujours agréablement meublé dans le style de l'époque (pas de photos autorisées, sorry...). 



Le projet était gigantesque et en aurait vraiment jeté plein la vue à tout le monde. Le fait que les étages supérieurs ne soient pas terminé permet d'admirer l'architecture impressionnante du puis de lumière central :




Plus classique : Shadows-on-the-teche, près de Lafayette, dans laquelle les descendants de la famille d'origine ont vécu jusqu'à assez récemment. 



D'autres qu'on n'a pas visité mais qu'on a vu de loin, sur la route entre Lafayette et la Nouvelle Orléans :




Oak Alley, qu'on a vu depuis la route, avec sa magnifique allée de chênes centenaires. Et Laura Plantation, avec son style créole :



Beaucoup de ces maisons ont été occupées, voire détruites pendant la guerre de Sécession. Certaines plantations sont encore en activité aujourd'hui. Comme la loi interdisait d'apprendre à lire et écrire aux esclaves, on trouve très peu de témoignages directs de leur part. Il y a beaucoup d'intérêt de la part des historiens pour tenter de se faire une idée plus juste de cette période, pour mieux comprendre comment les esclaves vivaient et étaient traités. Ce qui est sûr, c'est que certains ont choisi de rester travailler chez leurs anciens maîtres après l'abolition de l'esclavage (syndrome de Stockholm, peut-être, pour certains...), et que suivant les états et les familles, les conditions de vie étaient très différentes. 

Bon, en tous cas, certaines choses sont universelles, les nouveaux riches tentent toujours de se faire remarquer avec de grosses baraques tape-à-l'oeil, des voitures (ou des carrosses) bling-bling et du personnel de maison venant de pays pauvres... 

Ca me fait penser à notre ami Donald Trump, qui, d'après son majordome, a tellement bon coeur qu'il sort régulièrement une grosse liasse de billets de $100 de sa poche pour distribuer généreusement aux jardiniers mexicains qui s'occupent du grand jardin de son immense maison (126 pièces, 10000m2) de Mar-a-Lago...   
Ah, c'est beau, quand même !








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