mercredi 9 décembre 2015

La (mal)bouffe américaine

J'entendais cet après-midi à la radio une interview d'un grand ponte à propos de l'épidémie d'obésité américaine (1 adulte sur 3 et 1 enfant sur 5...). Il expliquait à quel point c'était un grave problème de santé publique (et de sous, donc). Quand le journaliste lui a demandé les pistes qui expliquent cette épidémie, ce médecin a surtout insisté sur les causes génétiques, clairement mises en lumières par les études (bon, il est généticien, le monsieur, hein...). Il a aussi parlé des 900 millions de dollars dépensés chaque année en recherches pour lutter contre l'obésité, alors il faut bien avoir des résultats à montrer. Je suis assez prête à parier que les financements de ces recherches viennent en grande partie de l'industrie agro-alimentaire (comme Coca-Cola, par exemple, qui a financé des recherches pour prouver la non-nocivité de ses édulcorants...).

Une petite analyse un peu plus simple : les américains, globalement, mangent trop et mal. 




Les portions sont toujours énormes, que ce soit dans l'assiette ou dans le verre, XXL. La nourriture est le plus souvent industrielle, dénaturée, très salée, grasse, sucrée et bourrée d'additifs nocifs : graisses hydrogénées, sirop de maïs enrichi en fructose, colorants, conservateurs (les pots de yaourts ouverts se conservent sans problème 3-4 semaines dans notre frigo, par exemple...), exhausteurs de goût et autres additifs. 
D'ailleurs les produits bio de la marque distributeur qu'on achète nous garantissent l'absence de "101 additifs et ingrédients nocifs"... Miam ! 
Par ailleurs, les fruits et légumes sont souvent absents des assiettes américaines... Après 4 jours de restaurant lors de notre première visite en septembre, Ewen nous a dit "ce soir, on va où vous voulez, mais moi je veux une salade !!"

Mais ces mauvaises habitudes ne sont pas étonnantes. La plupart des américains ne sachant pas ce que veut dire manger sainement, et ça commence tout petit...
Les menus quotidiens de la cantine inclus des burgers et des pizzas pas terribles, des paquets de chips, des sodas (alors que l'école se veut un modèle au plan de la nutrition des enfants...)... Aujourd'hui, Ewen a mangé des mini-pancakes, une omelette, une galette de pomme de terre et un jus de pomme (c'était menu "petit dèj") et hier des nuggets de poulet avec un hotdog... Mael préfère le plus souvent des sandwichs maison. Les enfants sont pourtant obligés de prendre au moins un fruit ou un légume sur leur plateau de cantine, mais il finit le plus souvent à la poubelle. Da'illeurs, les enfants jouent souvent avec leur nourriture et en jettent la moitié, ce qui choque très fort Mael et Ewen !


Plateau de cantine typique

Le respect pour des aliments de qualité, cuisinés maison, et le plaisir de manger quelque chose qui est bon pour soi, en plus d'être bon tout court, sont souvent inconnus. Une clé importante, pourtant...

D'ailleurs ce monsieur, interviewé à la radio, disait aussi qu'à part le sport et les régimes, on n'avait pas encore trouvé de remède miracle contre l'obésité.


Là aussi, je rigole (ou je pleure). En effet, pour beaucoup d'américains, rester mince s'apparente à un combat, une guerre contre soi, à coup de régime draconien et d'entrainement sportif. 
Le fait que les ados soient souvent très sportifs (le sport quotidien fait partie intégrante de la scolarité), et stoppent le sport après le lycée ou l'université, est peut-être aussi une explication : leur régime alimentaire déséquilibré et malsain pardonne moins une fois l'activité physique réduite... D'où un effet avant/après Barbie/Bibendum fréquent, si on ajoute à ça la maternité, ça fait mal... Et les enfants obèses sont aussi souvent ceux qui passent leurs journées collés à leur télé...



Il est vrai aussi qu'on est dans une société dans laquelle l'activité physique est réduite. On ne marche pas, tout se fait en voiture. Si on veut bouger, il faut choisir de le faire. Perso, entre la maison, les enfants et le jardin, j'ai l'impression d'avoir ma dose, mais si on est célibataire et qu'on vit dans un petit appart, la sédentarité peut être maximum. On voit d'ailleurs des gens très obèses faire leurs courses avec une petite moto-caddie qui leur évite de marcher dans les allées du super-marché...

Par ailleurs, beaucoup d'américains n'ont aucune notion ni d'équilibre alimentaire, comme on l'a vu, ni de ce que serait un comportement alimentaire sain. Beaucoup seraient surpris si on leur expliquait que pour manger sainement, et donc être à leur poids d'équilibre (je ne parle pas des cas d'obésité liés à la génétique), il suffit le plus souvent de :
- manger quand on a faim (et pas quand on s'ennuie, ou juste machinalement), 
- s'arrêter quand on n'a plus faim (et pas quand on est "full", ou quand le paquet de chips est vide), 
- prêter attention à ce qu'on mange et aux sensations qui vont avec, 
- apprendre à gérer ses émotions autrement qu'avec la nourriture.
Eh oui ! Etre bien dans ses baskets, ça passe par faire la paix avec son estomac, et pas la guerre avec son corps... Bon, pour beaucoup d'entre nous, c'est déjà un vaste programme, je suis bien d'accord. Mais ces notions qui percolent doucement chez nous ne trouvent encore aucun écho ici. Dommage...




 Avec cette image de l'alimentation "santé", pas étonnant que la plupart renoncent dès le départ...



Bref, il y a du boulot... Bon, après, il y a aussi d'énormes différences socio-culturelles. Dans notre quartier où tout le monde est beau, tout le monde est gentil, tout le monde est blanc (sauf les expats asiatiques) et tout le monde a une belle maison et au moins 2 voitures, on voit très peu d'obèses. Les gens sont plutôt minces et "healthy". 
Ma copine Tina fait des repas à ses enfants qui sont aussi, voire plus, "nutritionnellement corrects" que les miens (bon, elle les soigne aussi aux huiles essentielles, ils recyclent et font leur compost, bref, pas des américains classiques, quoi...). 

Un truc intéressant et positif, ici, avec tous ces problèmes de poids, c'est que beaucoup de gens cherchent à lutter contre la dictature de la minceur (pas à mon club de gym, a priori, mais bon...) :



Parce que bon, l'important, c'est d'être bien dans ses baskets...!




Have a good day !

Marion

2 commentaires:

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    Enfin, n'oublions pas les fondamentaux, le gras c'est la vie !

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    1. Tout à fait ! Le bon gras végétal, surtout, hein ! ;o)

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